Reprendre le travail après une longue maladie

Le défi de retravailler après une longue maladie

Reprendre le travail après un cancer

Après une année de traitements, vous vous sentez apte à reprendre le travail. Votre combat contre les effets secondaires fait enfin son effet et votre énergie revient.

J’étais loin d’imaginer qu’un nouveau défi de taille m’attendait !

Parce qu’en réalité, lorsque votre employeur a dû gérer votre absence pendant plus d’un an, l’idée de vous revoir le réjouit, certes sincèrement, mais juste pendant 5 minutes.
Lorsque vous annoncez que vous serez à mi-temps thérapeutique 3 mois voire 6 … la bienveillance s’étiole un peu naturellement !
Au départ, il n’est effectivement pas question de reprendre la route et de conduire 4h30 par jour (ce qu’était mon job avant).
Et oui, petit détail pour lui, mais pour vous il n’est pas envisageable, quand on sort de 70 séances de kiné de rééducation du bras, de le fragiliser de  nouveau.

Reprendre le travail après une longue maladie

Parce que oui il y a eu un petit changement « léger » selon l’employeur : mon lieu de travail a changé de 150 km.
Alors ça tombe bien puisque je voulais changer de ville et revenir du côté de ma famille sur les terres bordelaises.

Telle une guerrière, je me suis donc préparée à passer des entretiens pour décrocher un nouveau job dans la ville de mon choix.
J’ai mis plus d’un an à rebondir, malgré mon énergie de lionne et ma capacité à trouver le positif.

Plusieurs problèmes se sont présentés lors de mon retour dans le monde professionnel.

La discrimination « cancéreuse »

Je n’oublie pas toux ceux et celles, ô combien nombreux, qui m’ont accompagnée dès mon retour au travail. Cette aide m’a été vraiment précieuse.
Néanmoins, il me faut évoquer certaines réactions … bien moins respectueuses …

Aucun doute, le mot cancer fait horreur. Certains n’arrivent même pas à le prononcer.

Vous allez croiser sur votre chemin :
– Ceux qui vous diront bonjour de loin en lançant un ‘salut ça va ?’ comme si vous l’aviez vu la veille, alors que cela fait exactement 366 jours que vous ne vous êtes pas croisés
– Ceux qui viendront vous demander toutes les heures : ‘ça va ? N’hésite pas si tu as besoin’.  Mais quand vous leur demanderez de l’aide pour vos codes d’ordinateur, ils n’auront aucun moment à vous accorder !
– Ceux qui ne vous verront même pas ! Vous êtes pour eux une Christelle virtuelle… Le cancer ce n’est pas contagieux pourtant
– Enfin ceux qui ne vous scruteront, vous examineront de la tête aux pieds pour tenter de voir ce que le cancer a pu laisser comme dégâts.
‘Ah oui elle a maigri ouh la la, et elle est blanche ouh la la!’
Compliqué d’essayer de leur rappeler que vous n’avez jamais pu bronzer de votre vie et que ce n’est pas aujourd’hui que vous allez risquer un cancer de la peau pour leur prouver votre bonne forme !!!

Alors je vais vous donner quelques clés pour mieux communiquer et rassurer ! Ce sera votre mission à 300%

Après la maladie : comment communiquer auprès d’un employeur

J »ai choisi au départ de ne pas en parler et finalement TOUT SE SAIT. Car les personnes adorent parler du malheur des autres, c’est humain.J’ai donc eu le cas du recruteur qui contacte votre précédent employeur qui vous avait auparavant juré de ne pas parler de votre dossier médical (secret, bien entendu) mais qui lâche l’info « elle a été absente pendant très très très … très longtemps et a eu malheureusement une très très très très grave maladie, pas un problème au genou … non plus grave beaucoup plus grave ».
Trop fort, il n’a pas prononcé le mot cancer !
Après tout vous étiez une très bonne collaboratrice mais bon, pas de chance, hors circuit pour lui ! Merci ‘ex chef’ de la précieuse aide.

Rassurer le recruteur

Vous aurez à cœur de rassurer votre recruteur et d’utiliser en boucle un vocabulaire choisi.
« J’ai eu ( au passé merci) un cancer dont je suis parfaitement remise. Avec un parcours de guérison extraordinaire, les médecins m’ont déclaré en rémission. »
Déjà c’est mieux non ?

« La crainte de la récidive ? Je n’y pense pas … car demain on est tous potentiellement exposés à un accident de sport, de dos, de voiture…
Qui sait combien de temps il nous reste à vivre ? » Bon ça calme un peu … C’est vrai car vous leur rappelez ce que tout le monde occulte, à savoir que nous pouvons tous mourir à tout moment.

Ne sortez pas les statistiques que vous avez pu lire sur le taux de récidive, non non. Les mots guérison, en pleine forme ou encore sportive dynamique sont à utiliser sans modération.

Valoriser cette étape de votre vie

Vous avez décliné des milliers d’actions pour vous rétablir, contrer les effets secondaires ou vous changer l’esprit.
Cette période de break pro n’a pas été du temps perdu.
Valorisez-la.
Préparez-vous une check-list de ce que vous avez pu faire et qui vous a finalement permis de développer d’autres compétences.

Celle de l’ouverture d’esprit, de la combativité, de la résistance mentale et de l’optimisme sont indéniables.
On commence d’ailleurs à rajouter la compétence « cancer fighting » sur LinkedIn… ce que je vais faire dans les jours prochains…
A vous d’en rajouter !

Quand j’ai su qu’un recruteur avait appris ma maladie, je lui ai préparé une vidéo pour le rassurer en lui détaillant pourquoi moi je me recruterais en toute confiance.
Un peu d’humour ça fait du bien non ?
Je l’ai rappelé et lui ai expliqué que ce break avait été très intense : pour m’ouvrir sur l’extérieur, participer à des conférences, des stages de naturopathie, de coaching, d’aromathérapie, des cours d’anglais mais également en élargissant mon réseau (un mot clé!) par de nouvelles rencontres.

Important d’expliquer que vous avez été actrice de votre guérison en mettant en place une stratégie mentale, sportive et physique.
J »ai travaillé l’endurance mentale de par mes activités sportives qui permettent l’ancrage comme le taï chi.
J’ai fait travailler mes neurones en me formant.
Je travaille sur l’accompagnement et la transmission auprès de ceux qui peuvent traverser cette épreuve et changer leur vie… ce blog est ainsi un de mes projets.

Et la mémoire dans tout ça ?

Qui a éteint la lumière ? Allô? Mon cerveau fonctionne bizarrement

Oui oui il existait bel et bien des zones éteintes dans ma mémoire
On appelle cela le « chemofog ».
Cet anglicisme un peu barbare désigne les troubles cognitifs dû aux chimios, mais aussi à l’hormonothérapie.Le chemfog

Dans les faits, ce n’est pas grave si vous oubliez d’acheter le pain, mais lorsque vous devez vous rappeler des moindres détails de votre parcours pro lors d’un entretien, c’est plus compliqué…
Qu’ai-je donc bien pu faire et avec qui il y a 6 ans sur ce projet mentionné sur mon CV ???? Bon sang de bonsoir !
Et bien là, pas de solution, à moins d’aller en entretien avec une oreillette et votre coach ou meilleure amie qui vous aide à répondre.
Pour ma part, il a bien fallu répondre et d’un air bien inspiré, après avoir fait semblant de réfléchir, j’ai fini par lâcher un spectaculaire et fracassant « je ne sais plus » provoquant une pitié immédiate chez les membres du jury …
Vous ne savez plus comment vous avez procédé ?
Inutile de préciser qu’immédiatement les recruteurs imaginent que vous avez inventé ce projet puisque vous n’êtes pas capable d’en parler. Comment dire ?
« Ma mémoire est altérée par les 6 mois de chimio que je viens de traverser et j’avais vraiment autre chose à foutre??? » Non, tant pis, ce sera pour une autre fois.

Booster son cerveau

C’est là que j’ai décidé de faire retravailler ma mémoire : textes à apprendre, ateliers mémoire … ça va beaucoup mieux un an après… (oui j’ai retrouvé ma carte d’identité!!)
Faites des jeux de logique, lisez et essayez de réexpliquer aux autres. Efforcez-vous de retenir les prénoms quand vous rencontrez de nouvelles personnes.
Et la lumière va se rallumer … doucement mais sûrement.

Retrouver ses capacités cognitives

Se faire coacher pour retrouver du travail

Par un ami, un coach en reconversion.
Le tout est de retrouver confiance en soi. Être regonflée à bloc!

La maladie nous a changé.e.s, nous a affaibli.e.s pendant un temps mais comme dirait mon fils ado « il faut jouer avec la vague » Et remonter ! Rebondir professionnellement après la maladie

Vos nouvelles forces sont là ! Rappelez-vous : vous avez gagné !

Je me suis répété que j’allais le décrocher ce nouveau job et prouver à mon fils que l’effet de la vague existe bel et bien !
Qu’il y a une vie après le cancer

Au final, figurez-vous que j’ai même eu le choix entre deux opportunités au même moment !
Voilà je suis heureuse d’annoncer que je démarre début 2019 une nouvelle vie dans l’univers de la formation professionnelle.
Alors surtout never give up !

Et vous, comment avez-vous géré ce retour au travail ?

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